Souffrance au travail

La question du burnout, du harcèlement ou encore celle des RPS ont été suffisamment médiatisées pour devenir accessibles aux publics, quoique le prix à payer de cette vulgarisation soit une perte de précision de ces concepts.

Les vécus de souffrance au travail, les sensations de fatigue intense, l'épuisement professionnel sont souvent intériorisés par les salariés, soit parce qu'ils sont apparus progressivement, soit parce que l'on vient à se dire que, finalement, « c'est le métier où les choses qui veulent ça », soit parce que c'est les autres qui nous le disent - en ajoutant en général que c'est passager, qu'il faut faire face, qu'il est possible de surmonter.

Les amis, la famille, des collègues, etc. constituent en général nos premiers soutiens ; mais ils sont parfois dans l'incapacité de comprendre la portée du problème.

A terme, c'est le corps qui lâche ou des situation de dépression (au sens littéral, d' absence de pression, comme si l'on n'avait plus assez d'énergie pour faire face) qui vont de pair avec des maux de dos, de la fatigue intense, une instabilité émotionnelle, etc. Ces troubles s'accompagnent d'une difficulté à réaliser des activités de sociabilité, de socialité ou d'épanouissement hors travail (difficulté à lire, à passer du temps avec des proches, à prendre plaisir lors des congés, etc.)

Pour autant, la disparition des collectifs de travail a conduit à la disparition du décryptage politique de la souffrance.  Alors, si vous voulez pousser la réflexion sur la souffrance au travail, si vous vous interrogez sur les liens entre la politique et les risques psychosociaux, vous pouvez prendre une heure de votre temps et regarder ce débat organisé par Mediapart. Ce débat est animé par Dan Israël, et réunit Lise Gaignard, psychanalyste, auteure de Chroniques du travail aliéné (Editions d’une) ; Danièle Linhart, professeure en sociologie, directrice de recherche au CNRS, auteure de La Comédie humaine du travail ; et Sylvaine Perragin, auteure du livre Le salaire de la peine. Le business de la souffrance au travail (Don Quichotte).

Un diagnostic sur les risques psychosociaux peut être un bon moyen de mettre en perspective le caractère collectif de la souffrance au travail et de cibler les causes dans l'organisation du travail qui plongent les salariés dans cet état. Lorsque le dialogue social entre la direction et les institutions représentatives du personnel n'est plus possible, lorsqu'il est compliqué, alors le CSE peut recourir à une expertise Qualité du travail de l'emploi (QTE).